Des enjeux du développement durable à la contribution des progiciels

17 10 2009

Des enjeux globaux à la contribution des progiciels pour une logistique durable.

Le système Terre, cet inconnu

Le système Terre est fondamentalement un objet de confiance. Depuis des milliers de générations d’êtres humains il porte nos pas.

Si on peut deviner ou supposer l’angoisse des hommes pensant que le soleil pourrait ne pas réapparaître, la science a permis de comprendre le mouvement des astres et a détruit l’objet même de cette angoisse. Nous vivons aujourd’hui dans l’illusion de la connaissance du système Terre.Evolution des T° du globe

Pourtant, le système Terre reste une grande inconnue malgré tous les outils dont nous disposons pour en modéliser la complexité.

Nous sommes encore plus démunis aujourd’hui alors que l’augmentation de la température risque de déséquilibrer le système que nous connaissons et qu’il nous faut décider des actions pour réduire l’ampleur des bouleversements attendus et ne pas dépasser de seuil irréversible et cumulatif.

L’enjeu est grand pour les décennies à venir et même pour les siècles à venir. En effet, même si nous réussissons à limiter l’augmentation des températures à 2 °C au-dessus du niveau de température de l’air prêt industriel (avant 1850), le réchauffement de l’atmosphère, la perturbation du régime des précipitations ou l’élévation du niveau des mers, perdureront pendant des millénaires après l’arrêt des émissions de CO2 (travaux de plusieurs climatologues, notamment Pierre Friedlingstein, Directeur de recherche à l’Institut Pierre Simon Laplace, Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement).

Par ailleurs cet objectif d’une limitation de l’augmentation à 2 °C n’est pas une frontière entre une situation sans modification est un monde ravagé par les changements climatiques. Désert en ChineDes modifications sont mêmes déjà très sensibles dans certaines zones du monde.

Ainsi la désertification de l’oasis de Minqin, dans la province du Gansu, en Chine, rétrécit chaque jour et 300 000 personnes endurent les agressions des vents de sable, qui frappent toujours sans prévenir. (Article publié sur Courrier International le 1er octobre 2009 : «Chen Fuguo est bien sûr contraint d’économiser l’eau au maximum. Le matin, il se contente d’un bol d’eau pour se laver le visage et il met de côté l’eau utilisée. Au bout de plusieurs jours, il a ainsi assez d’eau pour laver ses vêtements. Il garde encore l’eau de lessive pour la donner à boire, une fois filtrée, à ses animaux -  dix moutons, un cochon, un chien et dix poulets. Malgré tous ses efforts, il lui faut quand même aller acheter de l’eau trois fois par mois au canton, à 5 kilomètres de là. Comme il ne possède pas de tracteur ni de bêtes de somme, il doit la rapporter sur une charrette à bras qu’il tire avec l’aide de sa femme.” La fonte des glaciers des plateaux du Tibet qui alimentaient cette oasis rend cette désertification irréversible…

Des modèles de compréhension et d’action

Les actions à mener concernent trois niveaux qui se combinent et se répondent : les États, les individus-citoyens et les entreprises et se déclinent sur trois dimensions qui peinent à se croiser : humanité, sciences et économie.

Au niveau global, des modèles scientifiques tentent de modéliser la chaîne qui, depuis les activités humaines, permet d’anticiper les bouleversements à venir, en passant par la concentration moyenne de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et la température moyenne à la surface du globe.

Ci-dessous l’augmentation de la température selon différents scénarios d’émissions de gaz à effet de serre et un schéma des interactions entre changement climatique et autres problèmes.

Schéma d'interaction

Cette première série de modèles a notamment pour objet de définir des objectifs partagés concernant l’augmentation de la température et les concentrations de gaz à effet de serre maximum.

Une deuxième série de modèles est utilisée pour travailler sur les mesures incitatives à mettre en place pour atteindre ces objectifs. Ces modèles davantage économiques sont eux aussi globaux et doivent répondre à une question très sensible sur la répartition des efforts entre les pays et doivent envisager tous les aspects de la question y compris les effets de la désertification ou de l’immersion de certaines zones, des bouleversements climatiques associés et des mouvements de réfugiés qui en découleront.

Répartition des efforts de réduction des GESLes deux grands axes de réflexion pour déclencher les effets des leviers nécessaires sont TAXES CARBONE ou « CAP and TRADE » complété d’un volet réglementaire de plus en plus touffu.

Ces différentes incitations ou mesures s’appliquent aux entreprises et aux citoyens. Davantage sensibilisés aux enjeux du développement durable, ces derniers commencent à consommer de façon différente. Dans un contexte de crise, d’augmentation du chômage, l’évolution de la consommation est très incertaine.

Etats et citoyens, consommateurs et salariés, ont un impact sur les entreprises qui n’agissent et n’agiront que si leur pérennité n’est pas en jeu et donc dans la limite de l’adhésion de leurs clients à leur évolution ou si elles peuvent en retirer des avantages financiers.

Ces changements au niveau des entreprises peuvent être évalués sur 3 degrés (proposition du GESI dans son rapport smart 2020) :

- Standardiser, Contrôler et Rendre compte

- Redéfinir

- Transformer

Standardiser, Contrôler et Rendre compte

La standardisation permet notamment de définir les normes qui s’imposent à tous comme celle qui définit les niveaux d’émission pour les nouveaux véhicules qui arrivent sur le marché.

La mise en place des outils de mesure pour avoir une connaissance plus juste des consommations d’énergie et des émissions de gaz est nécessaire à leur contrôle. Les logiciels peuvent intervenir à ce niveau, par exemple en équipant les camions d’informatique embarquée pour récupérer des informations nécessaires à l’analyse de leur consommation et par la suite à l’adoption d’une conduite plus économe. Les logiciels interviennent plus largement pour la récupération ou la collecte des données dans des systèmes différents, les rassembler dans un environnement unique et fournir les outils de lecture et d’analyse.

Des outils sont également proposés pour réaliser des audits, dans des formats de contrôle interne classique ou bien sous forme d’auto évaluation, participant ainsi à la sensibilisation de tous les services de l’entreprise.

Enfin, les entreprises sont désormais soumises à des obligations de reporting non seulement financier mais également sociétal et environnemental. Un chapitre dans lequel les progiciels interviennent pour la collecte et la mise en forme des données.

Ce chapitre ‘standardiser, contrôler et rendre compte’ est le chapitre le plus investi aujourd’hui dans les entreprises et une offre de progiciels se structure pour répondre aux besoins correspondants. Le calcul de l’empreinte carbone des produits proposés sur les rayons est par exemple, aujourd’hui, un sujet sur lequel de nombreux éditeurs travaillent.

Redéfinir

Ce second chapitre est moins générique et doit davantage être envisagé par secteur d’activité ou par domaine fonctionnel. Redéfinir la logistique est un sujet de réflexion d’un nombre croissant de logisticiens. La mise en place d’une gestion mutualisée des approvisionnements, de centres de consolidation logistique, de ferroutage jusque dans le centre des villes… s’inscrivent dans cette dynamique.

Il s’agit, sans remettre en cause les fondamentaux actuellement en vigueur, d’optimiser ou d’envisager les choses différemment, dans un sens plus respectueux de l’environnement.

Des réflexions passionnantes sont menées aujourd’hui pour redéfinir la logistique mondiale. Une piste intéressante, dont les centres de consolidation constituent peut-être une première étape, propose la transformation de la logique actuelle par chaîne de valeur en une logistique territoriale permettant une véritable optimisation globale et partagée (voir le Future Supply Chain 2016 Rapport)

Redéfinir la logistique

Transformer

La transformation suppose d’aller plus loin encore, jusqu’à remettre en cause les fondamentaux de la logistique telle qu’elle est organisée aujourd’hui? Un exercice particulièrement difficile à l’heure de la mondialisation et dans une culture où la mobilité est synonyme de liberté.

Déjà, le débat est entamé lorsque le cabinet McKinsey écrit en septembre 2008 un article intitulé ‘Time to rethink offshoring?’

Nous avons fait quelques pas sur un chemin qui sera certainement difficile. Il nous faut persévérer, encore.

Accro à l'auto




Pour visualiser la présentation PowerPoint associée





Nouvelles technologies au service de la conciliation vie familiale, vie professionnelle

17 10 2009

Colloque CNFF, Conciliation vie professionnelle, vie familiale

Présentation du colloque

Palais du Luxembourg, à Paris – Jeudi 8 octobre 2009

Intervention sur le thème:  nouvelles technologies au service de la conciliation vie familiale, vie professionnelle

Mesdames et Messieurs, bonjour

Je m’appelle Dominique Dupuis et je suis directrice de la recherche au CXP. Le CXP est une entreprise dont l’activité est d’aider les entreprises à choisir des progiciels de gestion. Dans ce cadre, j’observe et j’analyse ce qui est proposé sur le marché pour les entreprises. Aujourd’hui, je vais évoquer avec vous ce que ces nouvelles technologies peuvent apporter pour favoriser la conciliation de la vie familiale avec la vie professionnelle, notamment au travers de l’extension du télétravail.

Les nouvelles technologies sont comprises par le plus grand nombre au travers de ce que l’on voit : un foisonnement de nouveaux appareils, des téléphones, des ordinateurs, des baladeurs de toute nature. Ces appareils permettent des usages variés : téléphoner bien sûr mais aussi prendre des photos, écouter de la musique, consulter ses mails, rechercher de l’information, consommer…

Derrière ce que l’on voit se sont développées de nouveaux modes de connexion, appelés des Web services, qui relient intelligemment des applications gérées par des entreprises différentes. Ces nouveaux modes de connexion permettent des usages combinés sans multiplier les points d’accès. Par exemple, je peux commander pour un voyage mon billet de train ou d’avion, ma chambre d’hôtel, mais billet de métro pour la ville, où je compte passer quelques jours et même des billets d’accès aux musées dans cette ville sur un site Web unique. Sur ce site et grâce aux Web services, les informations de disponibilité dans le train, dans les hôtels etc. sont connues en temps réel. Ce type de fonctionnement est également utilisé pour des applications de gestion de conciergerie d’entreprise qui peuvent alors proposer un bouquet de services qui seront pris en charge par des entreprises partenaires ayant leur propre système d’information, leurs propres outils de gestion.

Ces usages du Web sont aujourd’hui familiers au plus grand nombre. Pourtant dans les milieux professionnels, les applications de gestion ne sont pas toutes accessibles via le Web. Les versions les plus récentes permettent un accès à distance mais il faudra encore quelques années avant que toutes les entreprises en  soient équipées. Cette modernisation du système d’information des entreprises est importante puisqu’elle permet à un utilisateur qui travaille hors de l’entreprise d’avoir accès à son outil de travail « comme s’il était présent à son bureau ». Cette possibilité existe déjà mais elle est souvent réservée à certains types de postes, notamment des cadres, des commerciaux ou des techniciens itinérants. La généralisation de l’accès Web au système d’information de l’entreprise ouvre donc des opportunités élargies de mise en place de télétravail.

Le télétravail, aujourd’hui, est souvent confondu avec travail à domicile. Ainsi, sur le site télétravail.fr, il est précisé qu’il suffit d’un domicile et d’un minimum d’équipement informatique pour devenir télétravailleur. De la même façon la société Renault qui pratique le télétravail depuis début 2007 indique que 6 % des salariés ont opté pour travailler à domicile quatre jours sur cinq.

Une définition intéressante est celle d’un télécentre ou centres de télétravail (voir le site du réseau des télécentres par exemple). Un télécentre est un espace équipé permettant de disposer d’un bureau privatif et de lieux communs. Des équipements connectés sont proposés pour accéder à distance aux applications de l’entreprise et/ou participer à des réunions. Ces lieux de travail peuvent être des lieux permanents ou occasionnels, un bureau de passage voir un lieu de rencontre. Ils peuvent être loués à la journée, à la semaine ou au mois, par des télétravailleurs, salariés ou indépendants. Ces derniers peuvent habiter à proximité du télécentre alors que leur entreprise est éloignée, ils peuvent être nomades ou fréquemment en déplacement, ils peuvent enfin être indépendants.

Des télécentres, appelée smart Work Centers, sont en cours de construction à Amsterdam. Sponsorisé par CISCO et lancé en septembre 2008, ce projet, concerne l’une des zones urbaines les plus congestionnées au monde. Outre un lieu de travail partagé et proche du domicile, ces Work Centers proposent des services sur place : crèche, cafétéria et restaurants, services juridiques et bancaires, agence d’emploi.

À Paris, un centre de télétravail existe depuis début 2008. Il s’agit de la cantine située au centre de Paris. Il se présente comme un lieu collaboratif pour les acteurs numériques, un espace de co- Working avec des objectifs de production, tests et diffusions de projets innovants.

Le télétravail peut donc revêtir différentes formes et son développement représente des enjeux importants. Ainsi l’adjointe à l’environnement de la municipalité d’Amsterdam espère que la mise en place des neufs Work Centers permettra une réduction de l’espace de bureaux en centre-ville de 30% !

La situation en France est moins avancée mais l’évolution est rapide. Ainsi, 16 % des entreprises utilisaient le travail à distance début 2007 et elles étaient 22 % début 2008. Globalement, 7 % des salariés français seraient des télétravailleurs. Un chiffre qu’il faut comparer avec la moyenne européenne qui s’établit à 13 % ou avec les pays les plus télétravailleurs : 25 % aux Pays-Bas, 23 % en Allemagne, en Finlande et au Danemark mais aussi plus de 15 % en Italie et au Royaume-Uni.

En France, dans les années 90, le télétravail ou les télés activités ont été soutenues pour développer les zones rurales. On trouve ainsi un article dans un numéro de l’express en 1996 qui évoque la vogue du télétravail : «Assurer un secrétariat ou un standard à distance, c’est possible depuis que les fax, modems et autres outils de communication ont gommé les distances. » Et encore :« Le développement des téléservices fait aussi rêver les maires des communes rurales ».

Aujourd’hui, pour répondre à des ,enjeux financiers compte tenu des prix élevés des bureaux en centre-ville et du coût croissant du transport pour les salariés, à des enjeux d’urbanisme, à des enjeux environnementaux mais aussi à des enjeux liés à nos modes de vie et notamment notre désir de concilier notre vie familiale et notre vie professionnelle, le télétravail est un sujet de réflexion intéressant. Il faut pour cela que l’opportunité présentée par le développement du Web permette le télétravail au plus grand nombre et pas seulement aux cadres, aux commerciaux, aux techniciens itinérants ou au secrétaires qui désirent travailler à la campagne.

Cette extension possible du télétravail n’est pas sans réticences ‘a priori’ est le sujet n’est effectivement pas simple, présentant certainement des freins et des risques. Ainsi l’éloignement de l’entreprise peut entraîner une rupture du lien social direct avec ses collègues et avec son ou ses responsables. L’éloignement peut amener également la crainte de passer à côté d’opportunités d’avancement en se trouvant éloigné des points de décision de l’entreprise. Un deuxième risque est la confusion entre le temps de travail et le temps à soi, surtout si le télétravail est réalisé à domicile.

Du côté des managers, la crainte de perdre le contrôle est souvent évoquée. Et plus globalement, la généralisation du télétravail peut amener des changements de statuts poussant les salariés à devenir des travailleurs en libéral, des consultants ou des auto-entrepreneur et amenant les employeurs à devenir des client ou des donneurs d’ordre.

Ainsi Serge Leroux, vice président de l’association française du télétravail et des téléactivités, expliquait : « C’est une innovation sociale touchant à l’organisation du travail, qui doit évoluer vers une obligation de résultats et non de moyens : le terrain est potentiellement conflictuel pour les entreprises ! ». De même Eric Couté, responsable du travail mobile chez Renault reconnaissait : « Ce type d’organisation demande une maturité du management, qui doit apprendre à gérer ses équipes autrement, mais aussi une maturité des individus qui ont peut-être encore aujourd’hui une réticence à s’éloigner ».

Pour dépasser ces freins, voire ces résistances tenaces, il faut innover, inventer une nouvelle organisation du travail. Bien sûr, un lien physique régulier doit être préservé avec l’entreprise. Le respect du temps de travail est un sujet important qui doit être clarifié entre l’entreprise et ses télétravailleurs et éventuellement assuré techniquement, par exemple sur le modèle du chrono tachygraphe du conducteur routier. Enfin un accompagnement doit être proposé pour les salariés comme pour les managers lors de la mise en place du télétravail.

Concernant l’éloignement de l’entreprise, nous pouvons noter que les projets dans de nombreuses entreprises sont gérés avec des salariés qui travaillent sur des sites voire des pays différents et éventuellement avec des consultants qui ne viendront que très ponctuellement dans l’entreprise. L’éloignement n’est donc pas un obstacle au projet. Concernant le risque de rupture du lien social, la construction de télécentres ou centres de télétravail permet d’aborder ce point d’une autre façon, permettant la création de lien social au sein d’un groupe de personnes qui ne travaillent pas pour les mêmes entreprises mais qui partagent un lieu de travail, habitent si ce n’est dans le même quartier au moins dans la même zone géographique, peuvent partager un moyen de transport…

Par ailleurs, on constate aujourd’hui que la fonction de management se centre sur les performances et les résultats tandis que la fonction ressources humaines, gestion des relations sociales se désagrège derrière des concepts tels que gestion des carrières, des emplois et des compétences etc. qui concernent les cadres à potentiel ou les projets de reclassement du personnel. En parallèle, la nécessité de mobilité non seulement sur les métiers mais aussi sur les entreprises entraîne une nécessité de management, de coaching de la personne tout au long de sa vie professionnelle, ce qui suppose proximité, continuité dans le temps et vision transversale des compétences professionnelles et extra professionnelles, développées par exemple dans une association. L’innovation pour inventer une nouvelle organisation du travail qui propose une nouvelle définition du « lieu de travail » est sans doute une opportunité pour nous adapter aux contraintes du XXIe siècle etpour répondre aux enjeux de ce début de siècle.

En conclusion, je voudrais dire que les nouvelles technologies ouvrent un champ de possibles pour rapprocher le lieu de travail du lieu de vie familiale et pour assouplir le temps de travail. Ce champ doit être investi pour proposer des organisations de travail innovantes qui ne soient pas réservées aux seuls travailleurs qualifiés et autonomes, qui préservent le lien social et qui gardent une distinction entre les espaces et le temps, privés et professionnels.

Je vous remercie

Mme Dominique Dupuis

dominique.dupuis2@gmail.com
Mon profil est consultable sur LinkedIn

Une présentation powerpoint sur ce sujet est accessible sur le Web





Télétravail ?

13 04 2009

Le télétravail était un thème ‘à la mode’  en 2003 / 2004 et il a fait alors l’objet de différentes études et dossiers. Les liens que l’on peut retrouver sur le web sont bien souvent inopérants. Le temps est passé par là et le télétravail est rentré dans les mœurs?

Je ne crois pas. Mobilité, nomadisme, télétravail sont aujourd’hui confondu dans un grand chaudron qui concerne surtout les cadres autonomes qui peuvent à la fois matériellement et compte tenu de leurs missions, travailler chez eux au moins une partie de leur temps. Dans le chaudron on trouve aussi l’idée de l’auto-entrepreneur qui lui aussi travaille chez lui. Et enfin le centre de télétravail en milieu rural, qui permet une mutualisation de moyens (locaux, matériel informatique…) par des professionnels indépendants.

Apparaissent depuis peu et en petit nombre des espaces de co-working, lieux conviviaux où l’on peut venir travailler en s’acquittant d’une participation quotidienne ou mensuelle (voir la cantine à Paris). Ouf,  l’être humain peut rester un animal social et n’est pas condamné à s’isoler derrière un écran!

Le modèle tel qu’il est défini aujourd’hui reste cependant trop limité. Combien de personnes se déplacent chaque jour pour passer la journée ou presque toute la journée devant un écran?

Toutes ces personnes n’ont pas les moyens de travailler à leur domicile. Soit parce que leur position dans l’organisation ne leur en donne pas la possibilité, soit parce que leur logement ne le permet pas etc. Soit encore parce que les progiciels sur lesquels elles travaillent ne permettent pas un accès en dehors des locaux de l’entreprise.

En effet si la mobilité parait naturel aux plus jeunes générations, elle est encore loin d’être possible pour tous les salariés. Globalement les progiciels de gestion de l’administration des ventes, de comptabilité, de gestion des approvisionnements etc. sont aujourd’hui accessibles via le web mais les anciennes versions encore en place dans les entreprises (quand ce ne sont pas d’antiques développement spécifiques) ne le permettent pas.

Depuis peu il est donc possible d’envisager le télétravail pour un plus grand nombre.A condition bien sûr que des espaces puissent être construits près des lieux d’habitation, que ces espaces soient correctement équipés et sécurisés et que les managers soient prêts à faire confiance. Encore un peu de patience sera nécessaire…





Images et clichés sur le télétravail

5 02 2008

Si vous faites une recherche sur Google Images avec le mot télétravail, outre de très vieux graphiques qui prédisaient un avenir radieux au télétravail, voici quelques images obtenues :

Télétravail2Télétravail3

Télétravail4Télétavail5

Au choix le télétravailleur est un homme qui gagne bien sa vie, choisit de vivre au soleil de préférence ou inversement il s’agit d’un faignant qui se planque. Une 3ème voie est possible: une femme qui a autre chose à faire que de travailler!

Pour que le télétravail soit une piste sérieuse d’évolution de nos modes de travail, il faut que le télétravail soit possible pour tous, cadres ou non, qui n’ont pas de piscine et pas non plus nécessairement la place pour travailler à la maison … mais qui font de longs trajets quotidiens pour se rendre devant un écran et un téléphone.